Gouvernement du Yukon

Culture, arts et langues

Culture

Le Yukon possède une culture vivante et rayonnante, imprégnée de riches traditions nordiques qui se rattachent aux us et croyances des Premières nations, à une communauté francophone dynamique, et aux récits, aux artefacts et à l’architecture que nous a laissés la ruée vers l’or du Klondike.

Les centres d’interprétation, les centres culturels et patrimoniaux des Premières nations, les musées sont autant d’endroits qui sont consacrés à la préservation et à l’interprétation de l’unique patrimoine nordique du Yukon.


Arts

Le Yukon est caractérisé par une grande concentration d’artistes et d’artisans qui se consacrent à diverses formes d’art. Les localités yukonnaises sont habitées par nombre de créateurs d’œuvres littéraires et d’art visuel, de même que d’artistes de la scène qui travaillent dans divers domaines, selon diverses traditions et dont les œuvres sont destinées à divers marchés.

Tant les visiteurs que les résidents yukonnais peuvent prendre part à une myriade de festivals, de salons de métiers d’art et d’art visuel, de concerts, de lectures littéraires et de présentations théâtrales. Les langues autochtones, les récits et les coutumes ancestrales sont interprétés et représentés dans des films, des contes, des œuvres d’art visuel, des produits d’artisanat, des pièces de théâtre et des chorégraphies.

On encourage les arts au moyen de programmes de financement et de formation, ainsi que par la promotion et la gestion de plusieurs collections publiques d’art.

La Collection permanente des œuvres d’art du Yukon comprend des œuvres d’éminents artistes yukonnais et canadiens et offre un reflet du patrimoine et de la culture du Yukon. Les œuvres de la collection sont exposées à tour de rôle dans divers édifices gouvernementaux à Whitehorse et dans les autres localités de sorte que le public puisse en profiter.


Langues

La langue est le véhicule de la culture; la manière dont la culture est transmise aux jeunes est profondément reliée aux idées exprimées par la langue.

Les langues des Premières nations

Les contes narratifs des Premières nations sont inspirés des légendes sur la création de la Terre et des premières personnes qui l’ont habitée. Ces légendes occupent une place prépondérante dans la culture autochtone et sont transmises d’une génération à l’autre.

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Des projets communautaires, y compris des programmes d’études dans les écoles, des classes d’alphabétisation pour les adultes et des émissions de radio et de télévision, contribuent à préserver, à développer et à revitaliser les langues autochtones du territoire.

Il y a 8 groupes linguistiques au Yukon (7 groupes athapascans et 1 groupe tlingit).

Gwitchin Vuntut
Cette Première nation a porté beaucoup de noms différents, dont Crow River (Vunta) Kutchin et Loucheux, nom qui leur a été attribué par les commerçants de fourrures français. Leur rivière « mère » a toujours été la rivière Crow, qui se déverse dans la rivière Porcupine, laquelle se déverse à son tour dans le fleuve Yukon.

Par le passé, la Première nation des Gwitchin Vuntut était composée de beaucoup de familles indépendantes dont les activités dépendaient de la période de cueillette saisonnière. Leur habitat traditionnel était un territoire d’une superficie d’environ 16 000 km carrés (10 000 milles carrés), et beaucoup d’entre eux se rassemblaient chaque année pour pêcher dans la rivière Porcupine.

Ils entretenaient aussi des liens forts avec la terre et avec la harde de caribous de Porcupine, car il s’agissait là de leurs moyens de subsistance.

Aujourd’hui, la culture de la Première nation des Gwitchin Vuntut du Yukon se trouve principalement dans la collectivité d’Old Crow; il s’agit de la collectivité la plus au nord qui est habitée à l’année.

Hän
La Première nation des Hän habite dans les territoires ancestraux, dans le nord-ouest du Yukon, et en Alaska, sur les rives du fleuve Yukon et de ses tributaires, au nord-ouest de Dawson.

L’économie de cette Première nation reposait sur le saumon. Ce peuple se réunissait en grand nombre le long des rives du fleuve durant l’été pour pêcher, fumer et sécher le saumon. En hiver, ils se séparaient en petites unités familiales pour chasser le gibier.

Le partage de leurs terres entre le Canada et la Russie a eu une profonde incidence sur les Hän, tout comme la découverte d’or dans les environs de Dawson 25 ans plus tard, en 1897. En quelques mois, les quelques centaines de Hän ont été immergés dans un océan de dizaines de milliers d’immigrants blancs. Leur mode de vie traditionnel s’en est trouvé complètement bouleversé.

Actuellement, beaucoup de Hän vivent à Dawson et font partie de la Première nation autonome des Tr’ondëk Hwëch’in.

Tutchone
La Première nation des Tutchones habitaient dans le centre-sud-ouest du Yukon. Suivant le cycle des saisons, les Tutchones pêchaient le saumon et le corégone le printemps et l’été, et chassaient l’orignal, le mouton et le caribou des bois en automne. Le piégeage et le commerce des animaux à fourrure ont joué un rôle important dans l’économie nationale avant l’an 1900.

Traditionnellement, les Tutchones s’exprimaient par le chant, la danse, les récits et d’autres traditions culturelles.

Au début du siècle dernier, la culture des Tutchones a été bouleversée par les milliers de prospecteurs arrivés sur leur territoire. La construction de la route de l’Alaska n’a fait qu’augmenter l’intensité de ces perturbations.

Au lac Laberge, une différence importante de dialectes sépare les Tutchones en deux peuples : les Tutchones du Nord et les Tutchones du Sud.

Les deux peuples peuvent communiquer entre eux, mais non sans difficulté.

Tutchones du Nord
Les Tutchones du Nord vivent dans un territoire qui comprend Mayo, Pelly Crossing et Carmacks. Un plus petit établissement existe aussi le long de la rivière White.

Les Tutchones du Nord font partie des Première nations de Selkirk, de Little Salmon/Carmacks et des NaCho Nyak Dun.

Tutchones du Sud 
Au 19e siècle, le commerce de la fourrure prenant de l’ampleur, la culture tutchone fut de plus en plus influencée par les Tlingits de la côte. Beaucoup de mariages entre les deux tribus ont eu lieu, et beaucoup de Tutchones qui vivaient dans le territoire du Sud ont été intégrés dans des clans aux noms tlingits.

Les Tutchones du Sud font partie des Premières nations des Kwanlin Dün, de Champagne et de Aishihik, et de Kluane, ainsi que du Conseil des Ta’an Kwäch’än.

Le territoire des Tutchones du Sud comprend Whitehorse, Haines Junction et Burwash Landing.

Haut tanana
Aujourd’hui, il ne reste au Yukon qu’une petite partie des terres anciennement détenues par la Première nation des Upper Tananas. À l’origine, ces terres englobaient le cours supérieur de la rivière Tanana, en Alaska, et une partie de la rivière White, au Yukon.

Les locuteurs du haut tanana au Yukon vivent très à l’ouest, dans la région de Beaver Creek. La Première nation des Upper Tananas fait partie des Premières nations de White River.

Kaska  
Le kaska fait partie du groupe linguistique na-déné (athapascan), qu’on trouve dans l’Ouest canadien, en Alaska et dans le sud-est des États-Unis. Parmi les peuples voisins, les Slaves des Territoires du Nord-Ouest sont ceux qui s’apparentent le plus aux Kaska.

Les Kaska vivent dans les régions montagneuses où se trouvent les cours supérieurs des rivières Pelly et Liard dans l’est du Yukon. Ils chassaient le caribou, l’orignal et le mouflon de Dall, et ils pratiquaient le commerce des fourrures avec les Premières nations vivant sur la côte.

Le kaska n’est plus utilisé dans la vie de tous les jours à la maison et au travail. Les Aînés et ceux qui effectuent des travaux traditionnels sur les terres parlent encore cette langue autochtone, surtout entre amis et dans la famille.

Aujourd’hui, la majorité des Kaska vivent dans les collectivités de Ross River, de Upper Liard et de Lower Post. Deux Premières nations vivent dans la région habitée par les Kaskas : la Première nation de Liard et le Conseil Dena de Ross River.

Tagish   
La région des lacs du Sud au Yukon font partie du territoire traditionnel des Tagishs, qui formaient autrefois une grande nation. Leurs cycles annuels variaient au gré de ceux de l’orignal, du caribou des bois, du mouton et du poisson.

Au 19e siècle, ils ont commencé à pratiquer le commerce des fourrures, servant d’intermédiaires entre les Tlingits de la côte et les Kaskas et les Tutchones de l’intérieur. Au fil du temps, beaucoup de Tagish ont adopté les coutumes sociales des Tlingits. Aujourd’hui, les membres de la Première nation de Carcross-Tagish vivent dans la région de Carcross, au sud de Whitehorse.

Tlingit
Les Tlingits de la côte étaient les acteurs principaux du commerce de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle au Yukon. Au cours des 100 dernières années, les Tlingits de l’intérieur ont immigré vers le sud du Yukon en passant par la région de la rivière Taku, le long de la côte de l’Alaska. Ils sont venus à l’intérieur des terres pour faire du commerce avec les Athapascans.

C’est grâce au commerce que beaucoup d’Athapascans de l’intérieur en sont venus à comprendre et à parler la langue tlingit.

Au fil du temps, des établissements permanents de Tlingits se sont formés dans ce qui est aujourd’hui le sud-ouest du Yukon et le nord de la Colombie-Britannique. Les collectivités principales sont Teslin, Carcross et Atlin (dans le nord de la Colombie-Britannique).

De nos jours, seuls quelques Aînés parlent encore le tlingit de manière habituelle. Grâce à des activités de revitalisation de la culture, comme la danse, le chant et la modification de noms de lieux dans la région tlingit, beaucoup de membres de la collectivité utilisent un plus grand nombre de mots tlingits.

La communauté francophone
Le Yukon compte parmi sa population des francophones venus de partout au Canada et en Europe. Lors de la ruée vers l’or, beaucoup de Québécois sont venus à Dawson. Leur contribution en tant que commerçants, piégeurs et mineurs a laissé des traces que nous retrouvons aujourd’hui dans la toponymie de la région, de Lapierre House dans le nord au lac Laberge dans le sud.

Quoiqu’il y ait moins de francophones au Yukon aujourd’hui qu’à la fin du siècle dernier, un nombre important de Yukonnais se disent d’ascendance française et let nombre de ceux qui ont le français comme langue maternelle ne cesse d’augmenter.

La communauté francophone est responsable de l’éducation en français langue maternelle au Yukon et gère sa propre commission scolaire, la Commission scolaire francophone du Yukon, dont elle élit les membres. Les élèves du préscolaire ont accès à un service de garde en français, la Garderie du petit cheval blanc.

Une association communautaire dynamique, l’Association franco-yukonnaise, œuvre activement à la promotion et à la prestation de services en français, qu’elle offre dans son propre centre communautaire francophone. La communauté possède aussi un journal francophone publié toutes les deux semaines, l’Aurore boréale.