Gouvernement du Yukon

Culture

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La culture d'un peuple est enchâssée dans sa langue; le partage et la transmission de la culture d'une génération à l'autre sont étroitement liés aux idées exprimées par la langue.   

Langues autochtones

Au Yukon, il existe huit groupes linguistiques autochtones différents, dont sept appartiennent à la famille des langues athapaskanes. L'autre langue est le tlingit.

Gwich'in
Les Gwich'in sont connus sous de nombreux noms, y compris Kutchin de la rivière Crow (Vunta) et Loucheaux, un nom qui leur a été donné par les coureurs des bois. Leur lieu d'attache a toujours été la rivière Crow, un tributaire de la Porcupine et du fleuve Yukon.

Le peuple gwich'in comptait jadis de nombreuses familles autonomes dont la vie était réglée au rythme des saisons. Le territoire traditionnel des Gwich'in compte environ 26 000 km2. Chaque année, de nombreuses familles venaient pêcher dans les eaux de la Porcupine.

Les Gwich'in entretiennent des liens étroits avec la terre et, en particulier, avec la harde de caribous de la Porcupine, d'où ils tirent leur nourriture et leur subsistance.

Aujourd'hui, Old Crow est le centre de la culture gwich'in au Yukon. C'est l'agglomération permanente la plus au nord du territoire.

Han
Le peuple han vit le long du fleuve Yukon et de ses affluents au nord-ouest de Dawson. En langue han, le nom du peuple signifie « rivière », et l'expression Han Huch'inn signifie littéralement « le peuple qui vit le long de la rivière ».

L'économie du peuple han repose principalement sur le saumon. En effet, les Han avaient l'habitude de se rassembler en grand nombre l'été le long du fleuve pour pêcher, fumer et faire sécher le saumon. L'hiver, ils se dispersaient en petits groupes familiaux pour chasser le gibier.

Le peuple han a été très touché par la répartition du territoire traditionnel entre le Canada et la Russie, et par la découverte de l'or, survenue 25 ans plus tard, dans la région de ce qui allait devenir Dawson City, en 1897. En quelques mois, les quelques centaines de Han ont été submergés par un véritable raz-de-marée de nouveaux arrivants blancs, qui ont déferlé sur le territoire par dizaines de milliers. En l'espace de quelques années, le mode de vie traditionnel des Han avait complètement changé.

Aujourd'hui, la majorité des Han habitent Dawson, et font partie de la Première nation Tr'ondëk Hwëch'in, une première nation autonome.  

Tutchone
Le peuple tutchone a toujours habité la région centrale du Sud-Ouest du Yukon. Leur mode de vie traditionnel était semi-nomade, ce qui leur permettait de tirer parti des ressources naturelles auxquelles ce peuple avait accès au fil des saisons. Au printemps et en été, les Tutchone pêchaient le saumon et le corégone; l'automne, ils chassaient l'orignal, le mouflon et le caribou des bois. Le piégeage et le commerce des fourrures faisaient partie intégrante de leur économie avant le XXe siècle.

Au fil de leur histoire, les Tutchone se sont exprimés par la chanson, la danse, les récits et d'autres traditions culturelles.

Dès le début du siècle, la culture des Tutchone a toutefois commencé à ressentir les répercussions de la présence des milliers de chercheurs d'or qui ont traversé leur territoire. La construction de la route de l'Alaska n'a fait qu'intensifier ces répercussions.

C'est au lac Laberge qu'on note une division dialectale entre les Tutchone du Nord et ceux du Sud. Les locuteurs de l'un et de l'autre groupe peuvent se comprendre avec, toutefois, certaines difficultés.

Tutchone du Nord
Les Tutchone du Nord vivent dans le secteur comprenant Mayo, Pelly Crossing et Carmacks. Un petit groupe vit également dans la région de la rivière White.

Les Tutchone du Nord font partie des Premières nations Selkirk, Little Salmon Carmacks et Na-Cho Ny’ak Dun.

Tutchone du Sud
Avec l'augmentation du commerce des fourrures au XIXe siècle, la culture tutchone a subi l'influence grandissante des Tlingit de la côte. De nombreux mariages ont eu lieu entre membres des deux cultures, et bon nombre de Tutchone vivant dans le sud du Yukon ont été assimilés à des clans portant des noms tlingit.

Les Tutchone du Sud font partie des Premières nations Kwanlin Dun, Champagne et Aishihik, du Conseil Ta'an Kwach'an et du Conseil de bande Kluane.

Le territoire des Tutchone du Sud comprend les agglomérations de Whitehorse, de Haines Junction et de Burwash Landing.

Upper Tanana
De nos jours, seule une petite partie du territoire ancestral des Upper Tanana se trouve au Yukon. Autrefois, les terres de ce groupe comprenaient le cours supérieur de la rivière Tanana, en Alaska, et une partie de la rivière White, au Yukon.

Au Yukon, les Upper Tanana vivent dans l'extrême Ouest, dans la région de Beaver Creek, et ils appartiennent à la Première nation de White River.

Kaska
La langue kaska fait partie de la famille des langues Na-Dene (athapaskanes), qu'on trouve dans l'ouest du Canada, en Alaska et dans le sud-ouest des États-Unis. De toutes les langues de la région, le kaska est celle qui se rapproche le plus du slavey, une langue parlée dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le peuple kaska vit près des sources des rivières Pelly et Liard dans la région montagneuse de l'est du Yukon. Anciennement, les Kaska chassaient le caribou, l'orignal et le mouflon de Dall, et faisaient le commerce des fourrures avec les autochtones de la côte.

La langue kaska se parle de moins en moins dans les foyers et au travail. Les aînés et ceux qui pratiquent des métiers traditionnels liés à la terre parlent toujours kaska, principalement entre amis et avec les membres de leur famille.

Aujourd'hui, la plupart des Kaska du Yukon sont rassemblés dans les agglomérations de Ross River, d'Upper Liard et de Lower Post. Il existe deux Premières nations sur le territoire kaska : la Première nation de Liard, et le Conseil de bande Dena de Ross River.

Tagish
Les lacs du Sud du Yukon forment le territoire traditionnel des Tagish. Autrefois, les Tagish étaient un grand peuple. Au fil des saisons, leur vie était liée aux migrations des orignaux, des caribous des bois, des mouflons et du poisson.

Dans les années 1800, les Tagish ont été attirés dans le commerce des fourrures et ont servi d'intermédiaires entre les Tlingit de la côte d'une part et les Kaska et les Tutchone d'autre part. Avec le temps, de nombreux Tagish en sont venus à adopter les coutumes sociales des Tlingit. Aujourd'hui, les membres de la Première nation de Carcross/Tagish vivent dans la région de Carcross, au sud de Whitehorse.

Tlingit
Les Tlingit de la côte ont dominé le commerce durant la dernière partie du XIXe siècle et au début du XXe. Depuis environ un siècle, les Tlingit de l'intérieur ont quitté la région de la rivière Taku, sur la côte de l'Alaska, pour venir s'établir dans le sud du Yukon et troquer avec les Athapaskans.

En raison de leurs activités commerciales, nombreux sont les membres des peuples athapaskans qui ont appris la langue tlingit. 

Graduellement, des groupes tlingit se sont établis en permanence dans le sud-ouest du Yukon et dans le nord de la Colombie-Britannique, principalement à Teslin, à Carcross et à Atlin (au nord de la Colombie-Britannique).

De nos jours, il y a encore quelques personnes qui parlent couramment le tlingit, mais seuls quelques aînés utilisent activement cette langue chaque jour. On tente de relancer certaines traditions culturelles, comme la danse et les chants traditionnels, en plus de promouvoir l'utilisation de toponymes tlingit. Grâce à ces efforts, les membres de la communauté utilisent de plus en plus certains mots tlingit.

La communauté franco-yukonnaise
Le Yukon est le foyer de Francophones venant de partout au Canada et en Europe. Au cours de la Ruée vers l'or, un nombre considérable de Québécois sont venus s'établir à Dawson City. Ces commerçants, piégeurs et mineurs ont laissé leur marque dans les toponymes, dont LaPierre House, dans le Nord, et le lac Laberge, dans le Sud.

Bien qu'il y ait maintenant moins de Francophones au Yukon qu'à la fin du siècle dernier, un nombre important de Yukonnais sont d'ascendance francophone, et un nombre restreint, mais sans cesse croissant, considèrent le français comme leur langue maternelle.

La communauté francophone est responsable de l'éducation en français langue maternelle au Yukon. En effet, elle dispose de sa propre commission scolaire, la Commission scolaire francophone du Yukon. De plus, les enfants d'âge préscolaire ont accès à une garderie francophone, la Garderie du petit cheval blanc.

Association communautaire des plus dynamiques, l'Association franco-yukonnaise participe activement à la promotion et à la prestation de services en français, à partir de son propre centre communautaire. La communauté est également fière de son bimensuel de langue française, l'Aurore boréale.